LES REPERES DE NIVELLEMENT

 

Les repères de nivellement

 

Le nivellement général de la France (NGF) s’appuie sur un réseau de repères altimétriques disséminés sur le territoire français. Ces repères se sont généralisés à Paris au milieu du XIXème siècle, juste avant que ne commence le chantier de construction du réseau de distribution de l’eau et des égouts.

Selon un arrêté de 1856, le nivellement se rapporte au point zéro, niveau moyen de la mer à Marseille. C’est pourquoi, en 1880, le « Comité de Nivellement Général » choisit Marseille pour calculer le niveau moyen des marées ainsi que le point zéro, base des mesures géodésiques en France.

Les repères de nivellementLe réseau Lallemand, établi de 1884 à 1922 par Charles Lallemand. Le zéro de nivellement Lallemand dit « zéro normal » a été fixé d'après l'observation marégraphique à Marseille du 1er février 1885 au 1er janvier 1897. Ces observations ont permis de déterminer un zéro correspondant à la cote 0,329 m de l'échelle de marée du fort Saint-Jean. Il se trouve donc 71 mm au-dessous du « zéro Bourdaloue ».

En complément du marégraphe, Charles Lallemand a imaginé le médimarémètre. Il s'agit d'un tube dont le fond poreux laisse filtrer lentement l'eau tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. Les oscillations extérieures dues à la marée sont ainsi considérablement réduites d'amplitude et présentent un retard de phase car le fond poreux laisse filtrer l'eau plus lentement que la variation de niveau de la marée. Le niveau est déterminé journellement par une tige graduée que l'on plonge dans le tube, ce qui nécessite la présence régulière d'un opérateur. Un rivet de bronze recouvert d’un alliage de platine et d’iridium a été scellé dans un bloc de granit et, grâce à lui, le mont Blanc continue à dominer l’Europe du haut de ses 4807 mètres. A Paris, les repères, scellés en partie basse des immeubles ou des quais furent par la suite utilisés par les géomètres pour tous types de travaux.

Le réseau de premier ordre du nivellement général de la France comprend 19 marégraphes et 11 médimarémètres.Les reoères de nivellement

En 1961, la Direction de la Géodésie de l’Institut Géographique National mit en évidence un taux de 10 à 30 % de repères disparus.

Les repères les plus anciens sont des plaques en fonte rectangulaires, surmontés d’une tablette horizontale, dits repères console. Elles sont ornées des armes de la Ville de Paris et indiquent trois ordonnées d’altitude.

La première (à droite) se rapporte au zéro de l’échelle du pont de la Tournelle – correspondant aux plus basses eaux de la Seine en 1719, soit 26.25 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette côte fut utilisée pour  établir le tracé et les pentes des égouts. Aujourd’hui le repère est au pont d’Austerlitz à la cote 25.92. C’est pourquoi les échelles limnimétriques comme celle-ci du Pont-Neuf voient leur cote commencer à 31.

La seconde cote (chiffre du bas) mentionne la différence entre la cote des eaux du bassin de la Villette – 51.49 m, augmentée de 50 mètres et l’altitude par rapport au niveau moyen de la mer. Cette cote a servi à la distribution de l’eau potable à partir du bassin de la Villette.

Les repères de nivellement La troisième représente la hauteur par rapport au niveau de la mer (à gauche). Les repères cylindriques n’indiquent que cette dernière cote.

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Sources
Connaissance du vieux Paris
Paris méconnu
Photo R.Desenclos 2010

P.c@Sg(Aug-14)#Co