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LES RUES

Les rues de Paris
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LA RUE DE LILLE
 
 
 
 
La rue de Lille
 
Cette rue a été ouverte en 1640. Elle a porté ce nom entre 1792 et 1815, puis définitivement à partir de 1830. Elle mesure 1060 mètres, commence rue des Saints-Pères et se termine rue de Bourgogne.
 
 
1 – Ex-Hôtel Pidou. Portail encadré de pilastres et orné d’une coquille, surmonté d’un entablement supportant deux vases. Porte classée.
 
2 - Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), dénommé antérieurement École nationale des langues orientales vivantes - communément « Langues'O » - installé à cet emplacement depuis 1874. Suite au transfert du siège de l'établissement en octobre 2011 vers le Pôle des langues et civilisations, des travaux ont été menés en 2011-2012 pour regrouper depuis octobre 2012 Rue de Lille les centres et équipes de recherche de l'INALCO.
 
4 - Bibliothèque de l'École des langues orientales - intégrée à la BULAC et transférée en 2010 au Pôle des langues et civilisations.
 
5 - Le psychanalyste Jacques Lacan avait son cabinet dans cet immeuble: « je vais au 5, rue de Lille, écrit Philippe Sollers, et je tombe
 
sur l’adresse de Lacan, qui, on le sait, a exercé là, de 1940 à sa mort (en 1981), son très éprouvant métier de psychanalyste. Si le divan de Lacan pouvait parler, il mettrait en crise toute l’industrie romanesque et ses millions de livres pour rien. Cette adresse m’est familière. Bien que jamais allongé chez lui, c’est là que j’allais le chercher, certains soirs, pour dîner en sa compagnie à La Calèche, le restaurant d’en face. Le 5, c’était la promesse d’un plaisir. Mais le 5 rue de Lille (et c’est là que le temps se met à parler à voix basse) était aussi l’adresse d’un certain Darasse, le banquier d’Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, lorsqu’il venait toucher la pension que lui envoyait son père depuis Montevideo (Darasse était en affaires avec ce pays lointain). [...] C’est au même banquier Darasse que Ducasse, le 12 mars 1870 (il meurt en novembre, à l’âge de 24 ans et demi, pendant le siège allemand de Paris), annonce que sa méthode a complètement changé après l’échec des Chants de Maldoror, pour dans Poésies I et II, donc) chanter exclusivement “l’espoir, l’espérance, le calme, le bonheur, le devoir”.»
 
7 - Magasin de Livres possédé par Karl Lagerfeld.
9 – Hôtel de Sérant en 1787. L'écrivain et journaliste afro-américain Richard Wright (1908-1960) a vécu dans cette maison.
10 – Enseigne.
11 - Ancienne librairie Klincksieck. L'actrice Diane Kruger habite cet immeuble.
13 – Hôtel de la fin du XVIIIème siècle. Niche richement sculptée surmontant la porte d’entrée classée.
 
14 - Cadran solaire avec les inscriptions Dum petis illa fugit en haut et Quid aspicis fugit en bas.
 
15 – Ferronneries et numérotage.
16 – Hôtel de la fin du XVIIIème siècle.
18 – Niche vide, mais avec un délicate clôture en fer forgé.
19 - Max Ernst y habita de 1962 à sa mort le 1er avril 1976. Christine Deviers-Joncour acheta un appartement à cette adresse, appartement qui fut au centre de l’affaire Dumas.
23 - Karl Marx y habita de novembre 1846 à mars 1847.
 
26 - Vestiges du couvent des théatins : Installés à Paris en 1644, les théatins achetèrent, grâce à la générosité du cardinal Jules Mazarin, une maison située à l'emplacement de l'actuel 23 quai Voltaire, qui pouvait abriter 25 religieux. Ils décidèrent de faire construire une église, placée sous l'invocation de Sainte-Anne-la-Royale, en l'honneur d'Anne d'Autriche. Les travaux furent entrepris en 1661 sur des plans donnés par un architecte militaire, Maurizio Valperga. Dès octobre 1662, le général des théatins remplaçait celui-ci par un élève de Borromini, Camillo-Guarino Guarini, qui imagina un édifice baroque énorme et compliqué, dont le coût excédait les possibilités financières des théatins. Guarini abandonna le chantier en 1666 alors que seuls les bras et la croisée du transept avaient été construits. On se borna alors à couvrir le transept qui devint la nef de l'église. Le bâtiment fut ensuite terminé par l'architecte Nicolas Liévain vers 1720-1721. Des vestiges de la façade orientale sont visibles dans la cour du 13 quai Voltaire, tandis que l'ancienne chapelle Saint-André-Avelin, construite par Liévain, subsiste, quoique remaniée, dans la cour dun30 rue de Lille. Avaient en outre été créés deux passages ouverts sur le quai et sur la rue par des portails réalisés par l'architecte Pierre Desmaisons. Celui sur la rue de Lille a été conservé et constitue le 26 de cette voie. Le portail donne accès à un vestibule sur lequel s'ouvrent les escaliers desservant les immeubles élevés de part et d'autre du passage. La cour rectangulaire est ornée d'un ordre dorique. L'ensemble a été gravé par La Marcade.
 
30 - Immeuble de rapport construit pour les Théatins en 1730. Mascaron.
34 – Immeuble du XVIIIème siècle.
39 – Vieille maison.
 
41 - Le restaurant « Le Télégraphe » est installé dans l'ancienne maison des Demoiselles du téléphone, au décor Art nouveau de 1905.
 
45 - Théodore de Gargan y habita de 1840 à janvier 1848.
 
46 - Immeuble abritant la présidence de l'École pratique des hautes études (EPHE)
 
48 - Construit à l'étage, le Temple de l'église protestante baptiste a une structure de métal et a été l'un des premiers bâtiments reconstruits sur les ruines des destructions de la Commune en 1848.
 
52-56 - Caisse des dépôts et consignations. L’hôtel de Belle-Isle, maison de Prosper Mérimée, incendiée sous la Commune. Une partie de sa bibliothèque et toute sa correspondance furent détruites.
 
56 - A été construit sous la Régence par François Bruand et réaménagé par Eudes, architecte du ministère des Finances en 1858. Incendié sous la Commune de Paris en mai 1871, il a été reconstruit par le même architecte en style néo-Louis XV (1873-1880) sur un plan proche du plan original. Un immeuble de bureau a ensuite été construit sur la rue de Lille dans les années 1930.
 
55 - Hôtel de Clermont-Tonnerre : Construit par l'architecte Pierre Humbert (seconde moitié du xixe siècle).
 
63-67 (et 10 rue de Poitiers) - Hôtel de Pomereu : Construit en 1872-1874 par David de Pénanrun pour le marquis Armand de Pomereu d'Aligre en style Louis XV, à la place de deux hôtels du xviiie siècle dont il subsiste quelques vestiges : l'hôtel Duret (67 rue de Lille), propriété du commanditaire, et l'hôtel de Maillebois (63), qu'il acheta en 1871 après les incendies allumés dans le quartier par la Commune. Siège en 1941 de l'École nationale des sciences géographiques, il fut acquis en 1947 par la Caisse des dépôts et consignations pour servir de résidence de fonction à son directeur général. Abrite aujourd'hui des bureaux et des salles de réception.
 
 
64 - Hôtel de Salm : Palais de la Légion d'honneur.
 
69 – Petit Hôtel Duret en 1711, du marquis de Mouchy en 1728, du marquis de Carvoisin en 1775. Adresse parisienne de Stendhal en 1804, 1806 et 1807.
 
70 – Restes de l’hôtel de Roure de 1766 où habitèrent le maréchal Ney en 1812 et le duc Paul de Noailles en 1846.
71 – Hôtel construit en 1771. Fronton, petit hôtel au fond de la cour. Boniface de Castellane (1867-1932) a vécu dans cette maison entre 1918 et 1921.
75 - En fond de parcelle, hôtel construit en 1742-1744 pour Jean Charles Hocquart, par l'architecte Jean Damun. Il est semblable à l'hôtel mitoyen du 78 rue de l'Université, édifié pour le même commanditaire; les deux hôtels, se font face, à travers leurs jardins contigus. L'hôtel est d'abord loué à vie au comte de Lannion, pair de Bretagne. À partir de 1774, il abrite de nombreux locataires dont le comte de Vaudreuil, ami de la reine Marie-Antoinette, de 1782 à 1786. L'hôtel appartient ensuite aux sœurs Daru dont la famille possédait l'hôtel portant son nom au 79 de la rue de Bourbon. La cadette, Mme Faget de Baure, loua l'hôtel à la comtesse de Boigne qui y a tenu salon sous la Restauration. Incendiés sous la Commune, le corps de logis sur rue et la porte cochère ont été remplacés par un immeuble édifié en 1898 par Frédéric Honoré. L'hôtel comporte sur le jardin un avant-corps central à trois pans orné de quatre pilastres ioniques au premier étage. Le pendant côté cour a disparu à la suite des destructions de la Commune.
77 - En fond de cour, hôtel particulier habité dans la première moitié du xxe siècle par le baron Napoléon Gourgaud (1891-1944) et la baronne, née Eva Gebhard (1876-1959), fille d'un riche banquier américain qu'il avait épousée en 1917. Ils y avaient accumulé une exceptionnelle collection de tableaux impressionnistes et modernes (dont une partie importante a été donnée par la baronne Gourgaud au musée national d'art moderne) ainsi que d'objets d'art. Le portrait de la baronne Gourgaud a été peint en 1923 par Marie Laurencin (Paris, collection du Centre Georges Pompidou).
 
78 - Hôtel de Beauharnais (autrefois dit hôtel de Torcy) : Construit par Germain Boffrand en 1714 sur un terrain qu'il avait acheté en 1713 et revendu en cours de construction à Jean-Baptiste Colbert de Torcy. Acheté en1803 par le prince Eugène de Beauharnais, qui a fait construire sur la cour un porche de style égyptien (1807) et réaliser une exceptionnelle décoration intérieure de style Empire. Acquis en 1817 par la Prusse. C'est là qu'Herschel Grynszpan assassine le troisième conseiller de l'ambassade, Ernst vom Rath, le 7 novembre 1938 au matin. Abrite aujourd'hui la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne.
 
79 - Hôtel de Lannion construit en 1758. Portail avec entablement et pilastres à chapiteaux formés des têtes et des pattes de lion. Perron.
 
80 - Hôtel de Seignelay : Hôtel, similaire à celui du 78, également construit par Germain Boffrand sur un terrain qu'il avait acheté en 1713 et vendu en 1718 au comte Charles Éléonor Colbert de Seignelay. Le décor intérieur a été en partie transformé par Pierre Mouret au xviiie siècle. Derrière l'hôtel, dans les jardins que longe le quai Anatole-France, une stèle rappelle que le dernier chien de Marie-Antoinette, Coco, est enterré à cet endroit. Abrite le ministère du commerce et de l'artisanat puis depuis 2012 celui de la Fonction publique.
 
81 - Le collectionneur d'art André Bernheim fait réaliser la décoration de son appartement par l'architecte décorateur peintre Louis Süe et son associé le peintre André Mare, en 1921.
86 - Un appartement de cet immeuble a abrité à partir de 1959 l'hebdomadaire Démocratie, créé par Guy Mollet, ainsi que le siège de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) (1965-1968) et aujourd'hui l'Office universitaire de recherche socialiste (OURS).
93 – Hôtel de Périgord.
95 - Immeuble construit en 1907 par l'architecte Pierre Humbert, pour la comtesse Begouën, où vécut notamment André Foulon de Vaulx.
119 - Immeuble abritant les bureaux de l'ancien président de la République Jacques Chirac, mis à sa disposition par l'État.
 
121 - L'Institut néerlandais et la Fondation Custodia sont installés dans un petit hôtel du xviiie siècle édifié entre cour et jardin, acquis après la Seconde Guerre mondiale par le collectionneur et historien d'art Frits Lugt (1884-1970). On en aperçoit le jardin au 108 rue de l'Université.
 
123 - L'immeuble datant du début du xxe siècle et faisant l'angle avec la rue Aristide-Briand a abrité le siège du parti gaulliste (UNR, puis UDR, puis RPR) sous la Ve République jusqu'en 2001. Acquis et totalement rénové, il abrite aujourd'hui une annexe de l'Assemblée nationale à laquelle il fait face de l'autre côté de la rue Aristide-Briand.
 
Adresse
Rue de Lille
75007 PARIS
 
GPS
Latitude : 48.859689
Longitude : 2.325774
 
Comment s'y rendre
Métro : Assemblée Nationale (ligne 12) – Musée d’Orsay (ligne RER C)
Bus : 39/95 arrêt Pont du Carrousel-Quai Voltaire (au début de la rue) – 68/69 arrêt Pont-Royal-Quai Voltaire (au croisement avec la rue du Bac) – 73 arrêt Musée d’Orsay (au croisement avec la rue de Solferino) – 63/73/83/84/94 arrêt Assemblée Nationale (au bout de la rue, sur la boulevard Saint-Germain).
 
Plan
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Sources
Dictionnaire historique des rues de Paris
Wikipedia
Photo R. Desenclos 2013