L'EGLISE SAINTE-MARINE

L'Eglise Sainte-Marine 

Fondée vers 1036, elle avait une origine assez curieuse : une jeune vierge appelée Marine, résolut d’embrasser la vie monastique. Elle prit un habit d’homme et entra dans un couvent où elle se fit nommer Marin. L’office ordinaire de frère Marin était d’aller aux provisions à la ville, avec un chariot traîné par des bœufs et il passait souvent la nuit dans la maison du seigneur de Pandoche, dont la fille devint grosse par le fait d’un soldat.

 

L'Eglise Sainte-Marine Forcée par ses parents d’avouer l’auteur du crime, elle accusa frère Marin qui se laissa chasser du couvent pour conserver son secret, garda l’enfant qu’on lui remit, le nourrit, comme s’il eut été le sien. Les moines, touchés de ses malheurs, lui permirent de rentrer au monastère. On ne reconnut la vérité qu’à la mort de cette fille qui fut inhumée avec pompe et mise au rang des saintes. Elle se trouvait sur le côté nord du parvis de Notre-Dame. C’était la plus petite paroisse de Paris, son territoire ne s’étendant que sur une vingtaine de maisons. Mais c’était l’église où l’on célébrait le plus de mariages, car elle avait été désignée par l’Officialité pour qu’y soient mariées les jeunes filles qui avaient commis une faute, peut-être en rapport avec l’histoire évoquée ci-dessus. Le prêtre passait alors à l’annulaire de la mariée, non une alliance en métal, mais une alliance de paille destinée sans doute à rappeler au mari la fragilité de la vertu de sa femme. Cette église, consacrée à la Vierge des bateliers par les nautes du XIe siècle, était la paroisse du palais épiscopal. Fermée à la Révolution, devenue atelier d’une raffinerie de sucre, magasin de teinture puis atelier de menuiserie, elle fut démolie en 1866. Elle se trouvait située dans le cul-de-sac Sainte-Marine, lequel serait de nos jours perpendiculaire à la rue d’Arcole qui l’a absorbée. Le 15 de cette rue recouvre l’emplacement de cette petite église. C’est ici qu’avait été inhumé le prévôt des marchands de 1604 à 1606 François Miron (†1609), qu’avait tenté d’empoisonner son épouse. On retrouva sa sépulture lors de la destruction de l’église : son corps fut mis dans un cercueil en plomb et transféré à Notre-Dame.

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Sources
Les 200 cimetières du vieux Paris de J.Hillairet
www.paris-pittoresque
Plan : http://vergue.com/post/153/Rue-de-Constantine-1865 - L'Impasse Sainte-Marine se trouve en bas et à droite du plan où elle forme un coude.