DICTIONNAIRE D'ARCHITECTURE - LA STEREOTOMIE
 
Architecture - La stéréotomie
Art de la coupe des pierres, la stéréotomie est une spécialité française qui trouve au XVIIème siècle un âge d’or. En effet, trois ouvrages vont être consacrés aux effets spectaculaires que cette technique permet.
 
 
Philibert Delorme en 1567, Mathurin Jousse en 1642 dans son livre « Secret d’architecture » et le Père Derand qui en 1643 écrit « L’Architecture des voûtes » expliquent ce qui va devenir une des plus belles réalisations architecturales. Taillées selon un dessin précis, les pierres rendent possible la réalisation de voûtes audacieuses, de plus en plus vastes et plates, avec de moins en moins de supports. Les applications sont infinies, notamment les nouveaux escaliers à rampes suspendues ou les coupoles tronquées. Cette technique a été appliquée à la construction du pont Royal.

La stéréotomie (du grec : Στερεός : « solide » et Τομή « coupe ») est l'art de la découpe et de l'assemblage des pièces en taille de pierre et aussi en menuiserie (terme moins souvent utilisé pour ce métier), dans le but de construire des éléments architectoniques comme des voûtes, des encorbellements, des trompes, des volées d'escalier.
L'étude théorique de la stéréotomie s'appuie sur des traités où sont développées les techniques de dessin permettant de représenter les ouvrages à réaliser. Ces techniques de géométrie, développant l'art du trait ont été codifiées par Gaspard Monge dans la géométrie descriptive1 et s'appuient sur les projections.
La stéréotomie est surtout l'art de découper des volumes en volumes plus petits, formant un ensemble qui « tient debout ». Par exemple, la division d'un arc en plusieurs pierres. Les tracés peuvent en être très complexes. Par exemple, la division d'un arc en anse de panier à 11 points, rampant, de biais dans une trompe conique. Lors de la taille des pierres de ce type de tracé, aucune face ne sera d'équerre avec une autre, et le tailleur de pierre aura besoin de panneaux en vraies grandeurs (surface exacte projetée perpendiculairement) pour toutes les faces de son « caillou », le calepineur préparera les projections de toutes ses faces à une certaine échelle, puis l'appareilleur préparera à l'échelle 1 les panneaux servant à la taille.
Le spécialiste en stéréotomie est avant tout un excellent projeteur. La complexité et la réalisation de certains calepins étant difficilement concevable par d'autres dessinateurs, telle la réalisation de panneaux de têtes et de calibres rallongés servant à la taille de limons d'escalier (projection parallèle de segments d'hélicoïdes sur une surface plane servant à l'édification des panneaux formant la courbe du limon) ou le calepin pour l'appareil d'un escalier en vis de Saint-Gilles.
En général, le trait se pratique avec une règle, une équerre et surtout un compas. Un spécialiste ne se servait principalement que du compas et de la règle, et était capable de diviser un cercle en 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, etc. parties égales en appliquant des règles de géométries descriptives simples, basé sur des rapports reconnus. De même, pour diviser un angle en 2, 3 ou 4 angles égaux, et le raccordement de segments d'arc différents, trouver une perpendiculaire à une droite passant par un point donné, etc.
L'apparition de la CAO et de la DAO bouleverse un peu les habitudes, mais n'empêche pas de gagner du temps en connaissant ces règles.
 
Liens
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Sources
Le grand siècle
Wikipedia
Photos R.Desenclos 2010-2013
Eglise Saint-Roch, 296, rue Saint-Honoré, Paris 1er.